L’affirmation de soi au féminin

 

L’affirmation de soi, un cadeau en soi.

Issue du cocon et produit par la chenille, la soie est un tissu précieux. Tout comme l’est la construction de votre moi, le « soi ». Prendre conscience de son intelligence créatrice pour la libérer, faire les choix qui seront les vôtres, vous feront gagner non seulement en crédibilité mais aussi en sérénité. Parce que la cohérence personnelle renforce le charisme professionnel. Commencer à emprunter la « Route de Soi » aujourd’hui, c’est investir pour votre bien-être et trouver le fil de votre réussite.

L’affirmation de soi, une forte demande des femmes

L’affirmation de soi est un défi  majeur chez la plupart des femmes. Lors des demandes d’accompagnement (coaching, bilan de compétences), j’ai observé que les managers femmes ont plutôt des demandes telles que  « comment m’affirmer » ou « comment avoir confiance en moi », alors que les hommes n’en expriment pas directement la demande. Ils disent plutôt : « comment motiver une équipe ?», « comment faire exécuter mes décisions ? »…  Nous avons appris tout jeune à lire et à écrire mais nous n’avons pas appris à interpréter ces formes de communication dans toutes leurs dimensions personnelles et culturelles, en bref à dénouer ces « fils ».

Pourquoi cette demande montante autour de l’affirmation de soi ?

Le mode de fonctionnement très hiérarchisé des années 1950-1990 a fait place à un monde flexible où les projets multiservices au sein (et entre) des entreprise et la montée en compétences à tous niveaux, requièrent plus d’écoute et d’attention dans le management. Les valeurs montantes sont « l’empathie, l’adaptabilité, l’altruisme, la loyauté, la compassion « .

Or, 49% des femmes trouvent qu’elles ont du mal à exprimer leur leadership alors même que des qualités dites féminines sont privilégiées dans les formes actuelles d’organisation. Lors de nos séminaires, elles l’expriment sous des formes telles que  « Comprendre pourquoi je n’arrive pas à me projeter dans une carrière»,  « savoir mettre en valeur mes compétences », « progresser dans l’art de dire non », … 

L’hypothèse qui sous-tend mon approche

La « Femme », outre son histoire personnelle, se voit imposer des rôles et des comportements qu’elle doit adopter pour répondre à l’attente de sa famille, de ses amis de son groupe social ou culturel, pour rester en accord et limiter le stress d’être différente.  Les stratégies des parents en termes d’éducation, l’école et les lieux sociaux encouragent ce processus[1] Cette pression est  non consciente, et passe par des croyances limitantes telles que « il faut choisir : élever ses enfants ou travailler »,  «Seuls les hommes peuvent gérer les choses importantes » …

Cela s’est traduit, au niveau professionnel, par des ambitions féminines bridées par une conscience aigue des freins (difficultés à se projeter dans la réussite, une ambition moindre),

de l’ «opt-out »  (décision volontaire de suspendre sa carrière) et en résultante, des femmes  sous-représentées aux  postes clés dans l’entreprise. Les études  convergent pour montrer que pendant que les hommes se forgent un avenir professionnel, les femmes mènent une double carrière professionnelle et familiale.

Prendre conscience pour agir

La première tâche est un travail préalable de prise de conscience,    il est intéressant d’analyser les comportements sous l’angle des polarités masculin/féminin.  Parmi les attitudes féminines les plus courantes, je peux citer « vouloir accomplir des miracles et se surcharger, faire le travail des autres à leur place parce que ça va plus vite quelques fois, poser des questions indirectes au lieu d’affirmer, minimiser ses contributions ». Les participantes réalisent que certains comportements qu’on nomme « affirmés »  et qui n’en sont pas. Certains sont agressifs  quand d’autres sont manipulateurs ou passifs…

A la lumière de ces exemples, nous nous sommes interrogées : y-a-t-il des comportements attendus selon son genre ?

C’est seulement alors que l’on peut tisser son fil pour apprendre à faire autrement.

Agir pour prendre conscience

Le déficit d’Affirmation de Soi fait que l’on n’ose pas agir et que l’on a tendance à fuir, à éviter les projets…  Agir à nouveau nous redonne confiance et nous encourage à réitérer les expériences positives. La confiance se construit dans la réalisation.

Dans nos ateliers, nous travaillons autour de cas proposés par les personnes présentes pour être au plus près de leur réalité. En voici un exemple : « J’ai à diriger une équipe composée principalement de femmes qui passent leur temps à jouer sur l’affectif (pour ne pas faire tout ce qui est attendu) ».  Le postulat explicite ici est : « les hommes sont rationnels et les femmes émotionnelles ». C’est une croyance.  Je lui demande de mettre en scène la situation.  Elle prend alors conscience qu’elle agit d’une manière  accusatrice (« se plaindre au lieu de travailler »), ce qui explique la réaction émotionnelle. Grâce au jeu « Sur la Route de Soi».
Elle a appris à faire autrement et a compris la confusion entre agir et réagir : chacun a le droit d’agir et de mettre des limites claires.

Voici quelques retours de nos participantes : « j’ai pris conscience de mes blocages et des moyens pour y remédier »,  « j’ai appris que faire « preuve d’agressivité n’était pas s’affirmer », « j’ai maintenant conscience que me réaliser est aussi important que la réussite de mon mari ou de mes enfants », …

En résumé 

Certaines femmes ignorent ce qu’elles veulent et ce qu’elles devraient être, ne savent plus où elles en sont.  Elles se voient harcelées de conseils contradictoires quant à leur rôle de femme et leur style de vie et tentent d’être parfaite ce qui provoque un stress intense.

*Article revu et réédité,  paru initialement dans L On Top (octobre 09), rubrique « Ne ratez pas le coach sur l’Affirmation de Soi au Féminin »  

www.l-ontop.com/

[1] Choix d’éducation et composition par sexe de la fratrie C. BARNET FC WOLFF Economie et prévisions 157 n°

 

2003-1