La maternité, nouveau facteur d’efficience en entreprise ?

Albane Tresse dirige le département Partenariats et affaires extérieures de la Fondation de coopération scientifique PremUp. Après une dizaine d’années au sein d’une association d’entrepreneurs, elle œuvre aujourd’hui au rapprochement des sphères publiques et privées, pour la protection de la santé de la femme enceinte et de l’enfant qu’elle porte.

« Le rôle de la mère connaît un changement radical par rapport à tout ce que l’on a pu dire sur le rôle des femmes dans l’histoire. Il devient absolument essentiel pour la compréhension de cette vie qui se perpétue dans une sorte d’éternel présent. » Heinz Wissman, philosophe.

Si la France fait figure de modèle en Europe au regard de sa natalité, sa situation en périnatalité est quant à elle inquiétante. La dégradation de l’environnement, l’âge maternel plus tardif ou les conditions socioéconomiques dégradées sont identifiés parmi les facteurs qui y contribuent.

Cet environnement global joue donc un rôle majeur sur la santé et la qualité de vie des générations à venir. Dans ce contexte, les ruptures en cours dans notre Société (changements profonds, quête de sens…) pourraient alors – et devraient même – se révéler une opportunité extraordinaire.

Si la France fait figure de modèle en Europe au regard de sa natalité, pourrait-elle faire figure de modèle quant aux changements possibles en entreprise dus à la maternité ?

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On constate que les femmes ont des enfants de plus en plus tard. Selon l’Insee, en 2010, en France métropolitaine, les femmes ont en moyenne leur premier enfant à 28 ans, soit quatre ans plus tard qu’à la fin des années 1960. Le report de l’âge à l’accouchement ralentit toutefois depuis une dizaine d’années. Les femmes sont également plus âgées à la naissance d’un deuxième ou troisième enfant. Au total, l’âge moyen des mères à l’accouchement quel que soit le rang de naissance de l’enfant atteint 30 ans en 2010.

 Elles attendent d’avoir une situation dans la plupart des cas. Sinon, elles mettent une priorité à la maternité en prenant un emploi soit temporaire soit un qui va davantage se concilier avec sa vie de maman. D’une façon comme d’une autre, elles décident après réflexion. L’annonce d’un enfant apporte joie, projection dans l’avenir. De plus, les femmes n’hésitent pas à se remettre en question. La maternité qui était jusqu’alors une affaire personnelle devient une affaire de société.

Comment passer du bien naître au bien être nécessaire à la vie personnelle  et professionnelle ?  Quels en sont les bénéfices ?

  • Les femmes qui travaillent sont, en général, en meilleure santé, elles sont mieux informées, plus indépendantes et plus équilibrées parce qu’elles gardent les liens sociaux, sans oublier qu’elles sont moins dans la précarité.
  • les entreprises qui se sont féminisées ont mieux résisté à la crise. Des études montrent que les femmes cadres sont un facteur de résistance face à la crise boursière et que plus généralement la féminisation des entreprises était en corrélation avec l’évolution de leur cours en bourse (webtimemedias.com).
  • Les différents points de vue conjugués des hommes et des femmes, ainsi que les responsabilités partagées, sont une richesse pour l’entreprise.

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C’est ainsi que nous amorçons un changement pour les générations futures. Est-ce que la maternité ne pourrait pas être une opportunité d’évolution :

  • pour les femmes en gardant le lien avec sa société (pour mieux se projeter dans sa carrière) pendant la pause grossesse ?
  • pour l’entreprise, saisir ces moments pour sensibiliser les managers en initiant  des réunions (conférences…)  sur le sujet afin de mettre à jour les réelles  difficultés (ex : départ imprévu, absence proplongée, réintégration…)  et d’envisager différentes   options ?

Ainsi la maternité serait vue comme un bénéfice, un intérêt à la fois pour la femme et l’entreprise, qui s’insère dans un changement de paradigme.