Carrières: Les coulisses du « je » avec Anda

Pragmatique : Qui exprime fidèlement le réel, sans l’idéaliser.
Probe : Qui a soin de respecter le bien d’autrui, de remplir les devoirs de la justice.
Qui est plein d’exigence, de rigueur vis-à-vis de soi-même, par rapport à quelque chose.

 

Anda, autoportrait
L’itinéraire identitaire de Anda :

« Partir c’est mourir un peu, … » Cette citation d’Alphonse Allais, Anda a pu se la dire souvent tant sa vie a été rythmée par des départs, déchirants parfois, marquants toujours. Mais bien sûr aussi par des arrivées, porteuses de renouveau et d’espoir. Et entre les deux, par des voyages enrichissants et façonneurs d’une identité ubique, nourrie de milles influences. Une identité aux contours pluriels mais unique. Un paradoxe parfois casse-tête mais tout compte fait bien inspirant pour une artiste !

Tout commence par l’émigration de son pays natal, la Roumanie, vers la Belgique, au cœur de son adolescence. Un profond déracinement. Puis se poursuit par des études qu’elle fait en partie aux Etats-Unis et où elle devient architecte, « par passion, pour aider les gens, pour construire « utile » précise t-elle. Par la rencontre d’un homme, américain, qu’elle épouse et dont le métier l’amène à voyager souvent. À séjourner plus ou moins longuement et alternativement en France et aux Etats-Unis.

 

« Toute ma vie a été changements. J’ai déménagé plus d’une quinzaine de fois et à chacune d’elles, il m’a fallu quitter et découvrir, les gens et les lieux, retrouver un emploi, m’adapter à mon nouvel environnement, reconstruire un réseau.» C’est en effet dans cette mouvance perpétuelle qu’Anda s’est construite, qu’elle s’est réalisée, comme femme, mère, épouse, professionnelle et artiste.
Son défi aujourd’hui ? Identifier les passerelles, qu’elle emprunte pourtant depuis toujours, entre ces différentes cultures qui l’accueillent et qu’elle accueille en elle pour en faire émerger une unité. Sa signature en tant qu’humain au regard sans frontières, en tant qu’artiste « à l’identité morcelée » comme elle le dit en souriant. Et c’est bien là toute sa richesse !
Comme nous l’avons vu dans un précédent article, savoir qui on est, ce qui nous constitue, se connaître en somme et beaucoup s’accepter est indispensable si l’on veut se réaliser pleinement. C’est ce que nous dit l’expérience de vie d’Anda. Mais personne ne dit que c’est chose facile : cette quête identitaire est en soi le projet d’une vie !

 

Confidences

 

N : Quels sont les principaux évènements, positifs et négatifs, qui vous ont fait grandir ?

Dites-nous pourquoi vous ont-ils fait grandir et en quoi ?

Anda : Suite à la catastrophe du 11 septembre, j’ai été licenciée de mon travail. Ca m’a poussée à changer, à lâcher prise sur ma carrière d’architecte pour m’essayer dans quelque chose d’autre. Alors, je ne sais pas si j’ai grandi, mais il est certain que j’ai cherché une autre voie d’expression et d’insertion dans la vie : celle artistique de la céramique et de la photographie !

Le soutien de mon mari a été très important. J’ai un mari pour qui la vie est un verre à moitié plein, donc très complémentaire à ma vision et nous formons ainsi une vraie équipe.

Le travail réalisé avec Maryse Hania ( Natmatiss) m’a aussi beaucoup aidée. Il m’a permis de m’autoriser à choisir ma passion et à m’affirmer comme artiste.

N : Citez-nous quelques exemples de difficultés que vous avez rencontrées dans votre vie et racontez-nous comment vous les avez dépassées.

Anda : Je crois que le déracinement dû à l’immigration de l’adolescente que j’étais a été un grand facteur pour définir mon mode de vie. Ce n’est que depuis peu et grâce à la rencontre d’une autre artiste que je suis arrivée à verbaliser ce déracinement et, par là- même, à le voir comme quelque chose de positif que je peux utiliser dans mon travail, dans mes relations avec les autres.

N : Qu’est-ce qu’ « une femme réalisée » pour vous ?

Anda : Une femme qui ne veut pas se « refaire »; Qui vit une cohérence entre ses désirs et sa réalité.

N : Avez-vous eu un modèle ?

Anda : Non… .

Mais j’admire et suis reconnaissante aux personnes qui me font découvrir des manières différentes de voir la vie, de sentir les choses, d’être agréablement surprise.

Ils me permettent d’essayer, d’émuler, donc d’avancer.

N : Avec quoi êtes-vous partie dans la vie ? Forces et handicap.

Anda : « La peur » = je trouve que c’est le plus grand handicap dans la vie

Être fille unique = handicap et force

N : Quelles sont les valeurs qui vous portent dans la vie ?

Anda : Le RESPECT

N : Quel est votre prochain objectif ou le rêve que vous voulez réaliser ?

Anda : Reprendre contact avec le monde de l’architecture

N : Si vous n’aviez qu’une seule chose à dire à toutes celles qui veulent se réaliser, que leur diriez-vous ?

Anda : Se réaliser est quelque chose de personnel -à soi- qui dépend de ses caractéristiques individuelles – de ce dont on est fait et d’où l’on se trouve. Pour moi, la meilleure manière d’avancer, est un pas à la fois.

 

Mes passions La Ville ; L’Urbain – Marcher, observer …
Ma devise/dicton/citation « Do right and fear no one !»
Un équivalent en français pourrait être : « Être droit dans ses bottes !
Ma gourmandise ! Le chocolat
Projet en cours Rénover un appartement, continuer le travail sur la céramique, arriver à adoucir les transitions entre mes différents pays, réussir à trouver une galerie où exposer.

Retrouvez les réalisations d’Anda sur son site: http://andastelian.com/

Entretien mené par Evelyne Fiorenza pour Natmatiss.