Vous avez reçu le bulletin?

Alors que les temples de la consommation et les centres villes se transforment pour essayer de faire entrer en nous l’esprit de Noël, nous attendons les BULLETINS ! Avec angoisse ? Inquiétude ? Avec l’espoir qu’on les recevra assez tôt pour que leur impact se soit atténué d’ici les vacances de Noël ?
En tout cas, ça ajoute au stress de Noël.
Déjà que je stresse quand je vois déjà du foie gras dans les rayons depuis deux semaines… moi qui n’ai pas commencé à me poser la question fatidique des cadeaux…
Bon, revenons à nos bulletins.
En 2004, un sondage de la Croix donnait les résultats suivants :
Effets des notes sur les parents (1)
Un sondage paru dans la Croix indique que :
74% des parents ont le sentiment qu’une bonne ou mauvaise note influent beaucoup sur le moral de leur enfant.
60% des parents ont le sentiment que les notes influent sur le comportement qu’ils adoptent à l’égard de leur enfant.
50% ont le sentiment que les notes influent sur leur propre moral.

Sondage exclusif CSA/la Croix/UNAPEL. Le poids des notes dans la relation parents-enfants. 13 mai 2004. http://www.csa-fr.com/dataset/data2004/opi20040513f.htm

Si cette étude est ancienne, je suis sure qu’elle reste d’actualité d’autant que la crise économique est passée par là et ne fait qu’accentuer nos craintes de parent par rapport à l’avenir de nos enfants.
Souvent, on se dit que la réussite scolaire est la seule assurance d’avoir un travail, ce qui est à la fois vrai et faux.
C’est vrai parce que le diplôme diminue les risques de chômage mais bon, va-t-on déjà stresser nos enfants par rapport à cela dès le collègue, voire le primaire ?
Et c’est faux parce que la réussite scolaire n’est pas réductible à un mauvais bulletin !

C’est sûr qu’un bon bulletin, c’est l’assurance que ça va bien et qu’on peut passer les fêtes de Noël avec bonne conscience. Ca éloigne un temps l’angoisse de l’avenir.
Un bon bulletin, c’est aussi, pour les parents, une validation : je suis un bon parent parce que mon enfant réussit bien. Ou au moins, j’échappe à la critique. Et les fêtes de Noël peuvent donner l’occasion d’un vrai florilège de critiques plus ou moins ostensibles : « de mon temps, je surveillais tous les devoirs le soir et je le faisais travailler…. » (Oui mais moi, je travaille et j’ai une heure de trajet avant de rentrer… », « Moi, ma fille a 18 de moyenne et les félicitations mais je n’accepterais rien de moins… » (Et bien, tant mieux pour toi ! on sait que TA fille est intelligente !).

Avec un mauvais bulletin, les parents craignent le jugement et ils ont raison parce qu’ils y échappent rarement. L’entourage ou les profs font souvent porter la responsabilité des résultats sur les parents.
Si l’enfant ne réussit pas, c’est parce qu’il y a quelque chose qu’on ne fait pas : on ne surveille pas assez les devoirs, on ne motive pas son enfant, on ne vérifie pas le cahier etc…. C’est bien pour cela que les notes de nos enfants affectent notre moral.

Or, les enfants ne sont pas uniquement le produit de leur éducation.
Et surtout, reporter la responsabilité des notes sur les parents est très contre-productif car cela déresponsabilise l’enfant ou l’ado.
Je passe beaucoup de temps en cabinet à expliquer aux enfants que la LOI les oblige à faire leur travail et à être présents pour les contrôles de connaissance. Les devoirs et les notes ne sont pas une histoire entre les parents et les enfants mais entre les enfants et leurs professeurs.
Les parents sont là pour fournir, de leur mieux, un environnement favorable au travail. Ils ne sont pas des profs bis qui vérifient que tout est fait, que tout est juste ou qui refont des cours à la maison. Ça, c’est le rôle du prof : il donne un travail, il vérifie qu’il est fait et il en fait la correction.

Le bulletin, c’est la confrontation de l’enfant avec la réalité et le signe, s’il est mauvais, qu’il faut changer quelque chose. Et notre enfant aura sans doute besoin d’aide pour mettre en route le changement et le tenir sur la durée.
C’est une situation banale qui indique la nécessité d’un changement d’orientation de l’action et pas une séance de flagellation.
Allez vite courir acheter vos décos de Noël et passer du bon temps avec vos enfants. Vous le valez bien et eux-aussi !
Prenez soin de vous